Idées reçues, réseaux sociaux et « mère parfaite » : quand Mère Nature a sorti les griffes
Idées reçues, réseaux sociaux et « mère parfaite » : quand Mère Nature a sorti les griffes
La mère parfaite existe-t-elle ? Vaste question, qui hante sûrement beaucoup de celles qui se lancent dans la formidable aventure de la maternité ! Surtout si elles se promènent sur les réseaux sociaux, où fleurissent les messages (ou mirages ?) de perfection et autres injonctions permanentes. De quoi, souvent, nous faire culpabiliser. C’était justement le thème de la soirée Mère Nature, organisée à la Maternité catholique Provence, à la Clinique de l’Étoile, à Aix-en-Provence, « la première à nous avoir fait confiance voilà 9 ans », a salué Ludivine Ferrer, fondatrice de Mère Nature.
En début de soirée et avant d’entrer dans le vif du sujet, Hervé Liberman est venu représenter Renaud Muselier, le président de la Région Sud, et féliciter le réseau Mère Nature « pour son implication au service des enfants et des familles ». Puis sœur Marie-Foucauld, présidente de la maternité, louait la beauté de la famille avant de réserver quelques mots à Mère Nature : « Merci de nous aider à accompagner la vie à l’Étoile, où plus de 100 000 bébés ont été accueillis ».
« Marre des mères parfaites ! »
C’est avec humour, rassurons-nous, et pédagogie, que Mère Nature a sorti les griffes. « Nous en avons un peu assez de voir des mères parfaites sur les réseaux sociaux », a confessé Ludivine Ferrer, proposant une « sorte de thérapie de groupe pour arrêter de rechercher la perfection ! » Il faut dire que « la pression est immense, d’être parfaite dans tout », expliquait Fifina d’Anna, infirmière. Une pression alimentée par le culte de la performance, les réseaux sociaux, les récits familiaux… Or la culpabilité permanente amène à tout un tas de troubles et une perte de l’estime de soi.
Et cet idéal de perfection concerne tellement de sujets ! L’alimentation, d’abord. Deux diététiciennes, Gaëlle Le Maréchal et Nelly Lellu, sont venues « encourager à cuisiner en famille même si tout n’est pas parfait ». Avec une certitude : « Il vaut mieux privilégier l’aspect équilibré que le côté parfait ! Et donner un petit pot à son enfant, c’est aussi la possibilité de dégager du temps pour soi et sa famille ».
Stop, donc, aux injonctions comme celle de la sacro-sainte règle des cinq fruits et légumes par jour. « L’idée, c’est d’avoir un équilibre avec une source de protéine, des féculents et des légumes ». Comme celle aussi du 100% bio : « Notre région compte beaucoup de producteurs locaux qui ont une agriculture raisonnée. Manger local et de saison, cela peut être une solution ». Et puis « il ne faut pas hésiter non plus à opter pour le surgelé ! », ont conseillé les diététiciennes. Sans oublier qu’il existe des marques de nourriture pour les tout-petits de grande qualité, à consommer sans modération !
Et le ménage, alors ? Pour quel produit ménager opter ? Faut-il utiliser de la javel ? Quelle lessive ? « Les lessives bio-labellisées sont très abordables, surtout pas d’assouplissant et pensons au nettoyage vapeur ! », a rappelé Julie Dehy, sage-femme. Avec une certitude : « Le propre n’a pas d’odeur ! » Et « on peut préparer ses produits soi-même, mais attention à ne pas mettre de conservateur ».
L’attention des parents doit être portée aussi aux couches, « que les bébés vont avoir sur les fesses 24 heures sur 24 pendant trois ans ! », ont prévenu Camille et Alizée, de la marque Love and Green, conseillant de choisir des couches « sans parfum, sans lotion, sans colorant ». En somme, si les couches lavables sont évidemment une bonne option, aucune injonction en la matière !
« Il faut être un consommateur averti »
En somme, il faut être un consommateur averti, comme pour les cosmétiques. C’est ce qu’est venue conseiller le Dr Brigitte Pfister, invitant à se pencher sur la composition des produits. « Des applications nous permettent de choisir, des labels sont là pour nous aider et il faut penser aux huiles naturelles et bio ! » Attention, en revanche, aux maquillages pour les enfants, à la composition plus que douteuse. Heureusement, des marques existent, pour permettre de consommer sans culpabiliser ! La marque Rivadouce, un autre partenaire de Mère Nature, propose des produits élaborés en lien avec les professionnels de santé.
Et si, pour arrêter de culpabiliser, on optait pour l’hypnose ? Une technique qui permet de « prendre conscience de ses capacités, en se remettant au centre de sa vie ». Car « c’est essentiel de prendre soin de soi », « c’est utile quand on chemine dans sa grossesse et son projet de naissance », a rappelé Fifina d’Anna. Être une bonne mère, être un bon parent, « c’est être sincère et imparfait ! Un parent imparfait, cela construit et cela donne aux enfants le droit d’être imparfait ». En somme, les mères parfaites n’existent pas. Et c’est tant mieux !
Article rédigé par Sèverine Battesti-Pardini, journaliste.
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